Founded 1963 Relaunched 2019. The Postmodern South.

187prod:

Dame Liz est partie rejoindre son ami Bambi et moi, par une association homonymique un peu tirée par les cheveux, je me suis ressorti des cartons le premier album des Taylor Boyz. Je parle des originaux bien sûr, ceux de Memphis, pas ceux de Chicago ni les gamins d’East Oakland ou le gang de Wiz Khalifa. S’ils ont apparemment disparu de la circulation aujourd’hui (retraite, prison, décès ?), K.O.Cane Wayne et Taylor Boy ont fait les belles heures d’Alkatraz Dope Muzik dans la seconde moitié des années 1990. Le label d’Al Kapone, au même titre que le Street Smart Records de Tommy Wright III ou le Hypnotize Minds de DJ Paul et Juicy J, aura contribué à définir ce son crapuleux si typique de M-Town à l’époque, mélange d’influences mobbish Westcoast et d’ambiances horrorcore, à base de boîtes à rythme TR-808 ou TR-909 poussiéreuses, de synthés cheap jouissivement stridants et de basses à déterrer les morts. Autrement dit, les prémices du “get buck get crunk” local qui, débarrassé de sa dimension crade et maléfique, se transformera ensuite au contact de la culture strip club d’Atlanta et d’un certain Petit Jean en party music survitaminée et caricaturale.

Mais pour revenir à 28 Gramz: Pure Dope, le clip ci-dessus et la track ci-dessous devraient suffire à vous rappeler à quel point ils blaguaient pas dans le Tennessee en 1996. Les flows véloces du duo et de leurs potos du Alkatraz Syndicate s’en donnent à coeur joie sur les prods de DJ Diz, J-Dogge et surtout la légende d’Orange Mound DJ Squeeky. Ça oscille entre le vaguement funky (cuivres et guitare wah-wah sur “Niggaz On Tha Block” ou “Kinfolk Shit”) et le carrément oppressant (le magistral posse cut “Tha Main Event”). Quant aux lyrics, vu l’artwork et les titres des morceaux, pas besoin de vous faire un dessin : poudre blanche, herbe verte et même un semblant de critique socio-politique au milieu (“Visions Of Poverty”), le tout sur fond de street réalité Mid-South. Seul bémol au final, la légère impression de redondance : “Big Bag Of Blunts” n’est qu’une version extended de “Big Bagz”, l’outro reprend l’instru de “28 Gramz” et le radio edit de “Catraggly” ne sert à rien.

Rarement cité parmi les classiques du gangsta rap sudiste, car trop méconnu sans doute et pas autant significatif que Da Resurrection, Deadly Verses, Mystic Stylez, On The Run ou encore On A Mission, incontournables du même genre, le joyaux brut des 2 rejetons lointains d’Elizabeth mérite pourtant lui aussi une place au soleil. Un soleil paradoxalement sombre, comme le premier grand chef-d’oeuvre de la Cléopâtre aux yeux d’améthyste. Et si vous trouvez ma comparaison Memphis devil shit/âge d’or du cinéma hollywoodien trop foireuse, allez taper un gangsta walk avec La Chat sur un toit brûlant et on en reparle après, ok ?

  1. Smoke A Blunt Intro
  2. Niggaz On Tha Block
  3. Big Bagz
  4. Illegal Substance
  5. 28 Gramz
  6. Kinfolk Shit ft. Al Kapone
  7. Get Cha Some ft. Al Kapone, Young Lo, Tom Skeemask
  8. Big Bag Of Blunts ft. Mac Brownie, Big Vince, Young Lo
  9. Rev. Butt Naked
  10. Catraggly
  11. Visions Of Poverty
  12. Bring On Tha Noize
  13. Tha Main Event ft. Young Lo, Big Vince, Gangsta Blac, Mac Brownie, 1st Degree, GK, Criminal Mane, Lil Grove, Yo Lynch, Thugsta, Al Kapone
  14. Out: Time To Re-Up
  15. Catraggly (Radio)

Although I can’t decipher all of this, it shows that Al Kapone and the Taylor Boyz have fans in France. The impact of Memphis rap looms large in the world. Memphis truly IS rising!

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.